ONU Climat Infos, le 17 juin 2026, Alors que les pays se préparent à soumettre la prochaine série de rapports de transparence climatique dans le cadre de l’Accord de Paris, les dirigeants et experts réunis lors des réunions climat de juin à Bonn ont réaffirmé leur engagement en faveur du Cadre de transparence renforcé (ETF), soulignant que la transparence n’est pas simplement une exigence en matière de rapportage, mais un outil stratégique au service d’une action climatique plus efficace. Elle permet d’améliorer la prise de décision, d’attirer les investissements et de transformer les engagements climatiques en résultats concrets.
Le dialogue de haut niveau sur la transparence a été organisé conjointement par ONU Climat dans le cadre de l’initiative #Together4Transparency, la Plateforme mondiale de transparence climatique de Bakou de la Présidence de la COP 29, ainsi que les Présidences de la COP 30 et de la COP 31. Il a réuni des chefs de délégation, de hauts représentants gouvernementaux, des organisations internationales et des experts de la transparence climatique afin de faire le point sur les progrès réalisés et de renforcer l’élan politique en faveur de la mise en œuvre continue de l’ETF.
Fatma Varank, Directrice générale de la COP31 et Vice-ministre de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique de la République de Türkiye, a souligné que la transparence est un « outil stratégique qui soutient l’élaboration de politiques climatiques plus ambitieuses, améliore la coordination entre les institutions publiques, renforce l’environnement de l’investissement et du financement, et consolide les capacités de transformation à long terme des pays ».
Chao Feng, négociateur en chef adjoint de la COP31, a mis en avant le rôle central des Rapports biennaux de transparence (BTR), qui constituent un fondement essentiel de la politique climatique mondiale, alimentent le bilan mondial et éclairent les décisions ainsi que les investissements.
Partage d’expériences et de leçons apprises
Les Parties ont souligné l’importance de mettre en place des dispositifs institutionnels solides, d’investir dans l’expertise nationale et d’intégrer les systèmes de transparence à tous les secteurs et niveaux de gouvernance. Elles ont également échangé sur les enseignements tirés, les réussites enregistrées et les défis rencontrés dans la mise en œuvre de l’ETF.
Revenant sur les progrès accomplis à ce jour, Yalchin Rafiyev, négociateur en chef de la COP 29 et Vice-ministre des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, a déclaré que « l’achèvement du premier cycle complet de BTR nous offre un précieux capital de connaissances, de leçons apprises et d’expériences pratiques sur lequel nous pouvons nous appuyer pour préparer et soumettre la prochaine série de BTR ». Il a ajouté que ce « prochain cycle intervient à un moment particulièrement important, alors que les pays avancent dans la mise en œuvre de leurs nouvelles CDN, de leurs PAN et du Nouvel objectif collectif quantifié en matière de financement climatique (NCQG) ».
Un message constant tout au long du dialogue a été que la transparence génère des bénéfices qui vont bien au-delà du simple rapportage. Les pays ont fait état d’améliorations dans la gestion des données, la coordination institutionnelle, la planification des politiques publiques et l’engagement des parties prenantes, tout en identifiant des lacunes et des possibilités de renforcer davantage l’action climatique.
Un soutien continu demeure essentiel
Tout en saluant les progrès réalisés, les participants ont reconnu que d’importants défis subsistent, en particulier pour les pays en développement disposant de capacités techniques et financières limitées.
L’ambassadrice Liliam Chagas, négociatrice en chef de la COP 30, a souligné que « si la mise en œuvre doit progresser à la vitesse et à l’échelle requises, le soutien doit également devenir plus accessible, plus prévisible et davantage adapté aux réalités nationales ».
L’événement a mis en évidence l’importance de veiller à ce qu’aucun pays ne soit laissé de côté à mesure que la mise en œuvre de l’ETF progresse. Il a également offert aux organisations partenaires l’occasion de partager leurs expériences dans l’accompagnement des pays en développement pour répondre aux exigences de transparence.
Lors d’une table ronde, le Groupe consultatif d’experts (CGE), le PNUE, le PNUD, le FEM, ICAT et la FAO ont présenté leurs efforts en cours pour fournir un soutien financier, une assistance technique et un renforcement des capacités en matière de rapportage sur la transparence. Les participants ont également insisté sur l’importance de la coopération internationale, de l’apprentissage entre pairs et du partage des connaissances pour aider les pays à préparer leurs premiers BTR et à renforcer les futurs cycles de rapportage.
Perspectives
Alors que la mise en œuvre de l’ETF se poursuit, les intervenants ont appelé à un engagement politique soutenu au plus haut niveau afin que la transparence demeure une priorité des agendas climatiques nationaux. Notant que 2026 marque l’année de soumission des deuxièmes BTR, les Parties ont appelé à des soumissions en temps voulu et souligné l’importance de maintenir un soutien continu aux pays en développement.
Les participants ont également souligné qu’après la soumission des BTR, l’achèvement rapide des examens techniques par des experts (TER) et de l’examen multilatéral facilitatif des progrès (FMCP) reste essentiel pour permettre aux Parties de recevoir des retours d’expérience et d’améliorer continuellement leurs rapports de transparence. Des ressources humaines et financières adéquates seront nécessaires pour que ces processus puissent suivre le rythme de l’augmentation du volume des soumissions.
Dans ses remarques de clôture, Xuehong Wang, Directrice de la transparence à ONU Climat, a mis en avant les efforts continus du secrétariat pour explorer des approches innovantes et efficaces afin de soutenir les TER et le FMCP, tout en renforçant la cohérence et l’efficacité de l’ensemble du processus de transparence.
L’événement s’est conclu par un engagement commun à maintenir la dynamique grâce à une série de rencontres de haut niveau tout au long de l’année, notamment lors de la Semaine du climat à Bakou en septembre et d’un événement ministériel de la COP 31 à Antalya en novembre.